Camp pénal: Ce que des Sénégalais pensent de l’évasion de Boy Djiné

Boy Djiné fait encore parler de lui. Alors qu’il était en détention au Camp pénal, le multirécidiviste de son vrai nom Baye Modou Fall s’est évadé pour la énième fois, ce dimanche 30 mai. Une évasion qui suscite beaucoup de débats dans les lieux publics. Tout le monde parle de ce sujet qui laisse planer un mystère. Chose énigmatique qui pose des équations dans l’esprit des Sénégalais.

 

Au Rond-point Liberté 6, plus précisément vers les 2 voies, un véritable carrefour a fini de s’y installer. Il est fréquenté par des milliers de personnes. Et, ce n’est pas du tout loin du lieu où était emprisonné Boy Djiné, le Micheal Scofield. Devant la maison d’arrestation, la quiétude est au rendez-vous.

 

Retraité résidant à Khar Yalla, Ousmane Diop, vêtu d’un tee-shirt de couleur blanche, jean bleu ciel est préoccupé à lire son journal. Interpellé sur le sujet, il s’empresse de répondre: ‘’C’est hier que j’ai appris à la radio l’évasion de Boy Djiné. C’est vraiment énigmatique si l’on sait qu’il y a les murailles d’or encerclant tout le long du bâtiment. Il est impossible qu’un détenu puisse s’évader sans que personne ne puisse l’apercevoir, c’est inadmissible. Ce camp pénal n’a jamais connu un tel fait juste pour vous montrer les mesures sécuritaires qui sévissent dans ce lieu de détention. D’après les informations que j’ai eues, il a escaladé le mur avec une corde. Mais cet argument paraît trop facile comme explication », a-t-il narré. Avant d’accuser avec un air inquiet: «C’est la faute aux gardes qui étaient en service ce jour-là. Il a sûrement bénéficié de l’aide d’un membre qui est au sein de l’administration. Et ceci ne peut pas rester impuni. Cette affaire doit être tirée au clair afin que les principales concernées puissent répondre de leurs actes. A chaque fois qu’il s’évade, il y a quelqu’un ou des gens derrière puisque lui seul ne peut pas orchestrer une évasion sachant les risques qui en découlent».

 

Même son de cloche pour cet étudiant en Licence 3 à l’Institut de Management et de communication (IMC). Âgé de 24 ans, Daouda Sidibé affirme: «Vu la sécurité qui existe au camp pénal, la prison la plus sécurisée au niveau national, il est impensable qu’un détenu puisse s’évader sans bénéficier de l’aide d’autrui. Jusqu’à preuve du contraire, du côté de l’administration pénitentiaire ou des gens qui l’ont aidé. Il a dû sûrement les payer en échange de sa liberté», se désole-t-il.

 

Le même avis est partagé aussi du côté de cet agent de sécurité qui travaille dans une entreprise de la place. Sous le couvert de l’anonymat, trouvé en train de prendre son petit déjeuner, il balance: «Le bâtiment du camp pénal est sécurisé et il y a des gardes partout, avec cela, une évasion est impensable avec tous les risques qu’elle inclut. Je pense que dans cette affaire, si l’on creuse un peu, des masques tomberont. Je ne peux pas dire que cette évasion est liée à l’administration pénitentiaire mais je dirais que y a une magouille au sein de la prison ». Et de faire remarquer: Tout récemment sa grande sœur disait que Boy Djiné a purgé l’intégralité de sa peine et jusqu’à présent il n’est pas encore libéré. Ce qui est injuste et anormal et que l’état de sa santé ne lui permet plus de rester en prison. C’était juste une semaine avant son évasion »

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