Soudan – Alaa Salah : « La CPI doit juger Omar el-Béchir et tous ses complices »

Icône de la révolution qui a précipité la chute d’Omar el-Béchir, Alaa Salah continue de réclamer justice et de porter la voix des femmes et de la jeunesse, déterminés à chasser les militaires du pouvoir.

« Ce n’est pas les balles qui tuent, c’est le silence du peuple. » Pour porter le message des révolutionnaires soudanais à la tribune de la Conférence internationale d’appui à la transition, organisée à Paris le 17 mai, Alaa Salah a revêtu son toub, sa tenue de combat. La même toge blanche qu’elle portait le 8 avril 2019, trois jours avant la chute d’Omar el-Béchir, dans une vidéo qui a fait d’elle le symbole du soulèvement. Juchée sur le toit d’une voiture au milieu du sit-in de la place al-Qiyadah de Khartoum, drapée dans ce vêtement devenu l’uniforme des opposantes au régime militaire, elle entonnait alors un chant révolutionnaire auquel répondait la foule des manifestants.

Lors de notre rencontre, dans la foulée du sommet élyséen qui a abouti à l’annulation de près de 5 milliards de dollars de dette, cette militante de 25 ans issue d’une famille aisée de Khartoum a opté pour un tailleur noir plus occidental, un chemisier à fleurs et un foulard bleu. Mais c’est surtout sa détermination qui retient l’attention.

Deux ans après la fin de l’ancien régime et dans la perspective des élections générales de 2022 qui doivent clore la transition, elle raconte le combat ininterrompu des révolutionnaires dans « Le chant de la révolte », co-écrit avec le journaliste Martin Roux, et dit tout à la fois la défiance vis-à-vis des militaires qui détiennent toujours une partie du pouvoir, la soif de justice pour les victimes et l’impatience face aux promesses non tenues. Entretien.

Alaa Salah : L’objectif de cette conférence était de soutenir le développement du Soudan et notre pays en a énormément besoin, surtout en ce moment. Nous avons hérité de dettes colossales de l’ancien régime et nous payons un lourd tribut au quotidien. On le voit partout dans les rues. Cette conférence a déjà donné des premiers résultats, dont l’annulation de la dette par la France mais aussi des promesses venant d’autres États. Je suis sûre que cela aura un impact positif sur l’économie.

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