Mounirou Sy – Sénégal Actu

L’Afrique doit procéder à une rupture totale de la chaîne de dépendance à l’occident. C’est ce que prône Mouhamadou Mounirou Sy. Le Constitutionnaliste, Maître de conférence à l’Université Iba Der Thiam de Thiès a défendu cette idée de souveraineté entière du continent noir dans son dernier ouvrage intitulé : ’’Les Sirènes de Gao’’.
Invité à l’émission le Jury du Dimanche (JDD), ce 6 juin 2021, M. Mounirou Sy a appelé les Africains à être ’’debout’’.

Pour aspirer à une vraie souveraineté, estime-t-il, les États africains doivent briser les chaînes qui les lient à l’occident. ’’ Comme disait Tata Nana dans un ouvrage de Aminata Traoré, quand on est debout, on occupe moins de place. Si on est couché, on occupe plus d’espace. Si on est debout, on a tendance à marcher et qui marche avance”, a-t-il personnifié.

“Quitter le CFA, une question de souveraineté’’

La souveraineté rime avec une indépendance économique. Or, pour lui, le retard de l’Afrique est en grande partie lié à sa dépendance économique. C’est pourquoi, l’auteur des ’’Sirenes du Gao’’ appelle à repenser le modèle économique. ’’ Il faut revoir ce que l’on appelle, la clé de voûte de l’économie : la monnaie. Il faut quitter le CFA’’, a-t-il déclaré.

L’Enseignantchercheur estime que “tous les avantages que le CFA donne ne sont que l’arbre qui cache la forêt. Les inconvénients sont multiples et mille fois plus importants que le peu davantage qu’il donne aux Africains’’. Pour justifier sa thèse des inconvénients du CFA, M. Mounirou Sy ne manque pas d’exemples. Selon lui, les pays francophones d’Afrique centrale et ceux de l’ouest sont les deux parties les moins développées du continent. ’’Il y a un facteur parmi ceux qui justifie cet état de fait : la monnaie. On partage la même monnaie et on est sous développé. Aujourd’hui, le Kénya s’en va. Les pays maghrébins nous dépassent de loin”, assure-t-il, en donnant l’exemple du Maroc.

“Actuellement, le Maroc reçoit des émigrés espagnols qui viennent travailler chez eux. L’Afrique doit commencer par rompre cette chaîne. Celui détient les cordons de la bourse, détient le pouvoir de commandement. Deuxième chose, essayer de nous libérer des institutions de Breton Woods : FMI, Banque Mondiale. Khadafi avait un grand programme pour que l’Afrique soit indépendante par rapport à ça. Ces institutions ont un agenda qu’elles déroulent sinon l’Afrique n’aura pas d’aides ni d’accompagnements. Avec également leur valeur. À chaque fois que ces institutions vous prêtent de l’argent, elles intègrent la notion genre. Promotion du genre. Le genre on sait. Ce n’est pas seulement l’homme et la femme, mais également l’autre qui est entre les deux”, a-t-il déclaré.

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