1 000 parcelles à Diass : Un collectif des Lébous dit niet

Les personnes représentant Yoff pour discuter du sort des terres de l’aéroport le 10 juin dernier n’ont pas la qualité pour parler au nom de la commune. C’est la précision du Collectif des mouvements et associations pour la défense des intérêts de Yoff qui rejette les 1 000 parcelles proposées par le gouvernement à Diass.

d’épancher des sentiments de frustration au sein de la Collectivité léboue jusque-là contenus a été réveillé par la Une du journal Le Quotidien de mercredi dernier : «Macky pousse les Lébous vers Diass.» Ainsi, le Collectif des mouvements et associations pour la défense des intérêts de Yoff crache sur le deal fomenté à la résidence de Cheikh Mansour Diouf, le 10 juin dernier, entre les ministres Abdoulaye Daouda Diallo, Abdoulaye Sow, le maire Abdoulaye Diouf Sarr et des autorités coutumières de Yoff, Ngor et Ouakam. Dans une déclaration, cette organisation composée de jeunes, de dignitaires coutumiers et religieux rejette les 1 000 parcelles à Diass proposées à chaque commune léboue par le gouvernement. «Celui qui s’est présenté comme président des Freys ne l’est plus. Quand le gouvernement veut parler avec Yoff, il devait inviter l’actuel président des Freys. Layène devait être présent. Rien ne peut se faire à Yoff sans Layène. Le Conseil des notables devait être de la rencontre, les Maggi Yoff, Jam­bour Yoff, l’imam ratib… Ces 4 personnes censées représenter Yoff constituent un lobby qui roule pour ses propres intérêts. Ils sont dans des deals», a déclaré El Hadji Ndiaga Ndoye, président du Collectif.
Pour cette question foncière, les communes de Ngor, Ouakam et Yoff se sont ainsi constituées en fédération pour défendre les intérêts des 3 villages traditionnels. La section de Yoff va animer une conférence de presse demain à 11h à l’hôtel Océan. Il s’agira d’exiger 250 ha pour la commune de Yoff au sein de l’aéroport et non à Diass. «Yoff fait face à des problèmes d’érosion côtière. Les maisons sont étroites, les populations vivent dans la promiscuité alors que nous avons des terres pour étendre notre commune. Le cimetière est presque plein. L’hôpital Philippe Maguilen Senghor est inondé en temps d’hivernage», liste M. Ndoye.
Le Collectif appelle l’Etat à retirer au profit de la commune les 30 ha cédés à la Caisse des dépôts et consignations (Cdc) pour la construction de logements de standing. «Le gouvernement espère avec cet investissement avoir 60 milliards qui vont servir à financer le programme des 100 mille logements. Ce qui est grave, c’est que l’argent provenant des terres des Lébous sera investi dans des programmes pour d’autres localités. C’est aberrant», s’émeut El Hadji Ndiaga Ndoye, rappelant que les Lébous avaient cédé leurs terres pour cause d’utilité publique.

«Les déclarations du Grand Serigne et de l’imam de Dakar n’engagent qu’eux»
Par ailleurs, le Collectif conteste le supposé soutien des Lébous à une candidature de Abdoulaye Diouf Sarr ou Alioune Ndoye à la mairie de Dakar. «Personne ne choisit pour nous le maire de Dakar. Ces déclarations du Grand Serigne et de l’imam de Dakar n’engagent qu’eux», rectifie la note. El Hadji Ndiaga Ndoye, qui a participé à la rencontre de la Mosquée de la Divinité, regrette que l’activité soit dévoyée. «On avait fait trois banderoles pour dire que le Collectif Ngor, Ouakam et Yoff réclame ses terres. Mais on a vu que ces banderoles n’ont jamais été affichées. On est venu en retard, mais on ne nous a même pas cédé de la place. Nous avons désigné Seydina Issa Laye, un fils du khalife des Layènes, pour parler en notre nom. Mais au finish, on ne lui a pas donné la parole. C’était une rencontre politique alors que l’objectif déclaré de l’évènement était de parler des problèmes des Lébous», conclut le Collectif des mouvements et associations pour la défense des intérêts de Yoff.

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