Vente de sachets d’eau: Une activité, des profils variés

La vente de sachets d’eau glacée, très en vogue pendant les vacances d’été, période de canicule, mobilise des profils très variés dans les rues dakaroises, des jeunes filles ou garçons déscolarisés mais aussi de vieilles personnes, preuve que cette activité aide à se sortir de la précarité à défaut de nourrir son homme.

Avec l’été, cette activité prend une toute autre envergure, aucune formalité particulière ne semblant nécessaire pour l’exercer, au vu du très grand nombre de personnes à l’assaut des carrefours pour proposer des sachets d’eau glacé aux passants et automobilistes. Maty Ndiaye, une jeune fille déscolarisée de 19 ans, a fait du pont de la Foire, une place fétiche pour écouler les sachets d’eau glacée qu’elle convoie depuis Ouakam, son lieu de résidence.

“J’ai arrêté mes études depuis quelques temps, mais puisque je n’ai pas encore trouvé le boulot auquel j’aspire, je me suis lancé dans ce petit commerce temporairement en espérant gagner de quoi préparer la fête de Tabaski tout en gérant mes affaires aussi”, confie la jeune fille, suant à grosses gouttes.

La jeune fille passe sa journée à se faufiler entre les voitures pour proposer aux passants et passagers ses sachets d’eau, satisfaite de pouvoir compter sur les 5000 à 7000 francs CFA qu’elle gagne par jour, pour subvenir à ses besoins personnels. Si Maty exerce cette activité de façon temporaire, il en est tout autrement de “Mère Rokhaya”, la soixantaine entamée, qui exerce cette activité “depuis longtemps”, assure-t-elle, malgré le poids de l’âge.

“A l’époque même où il n’y avait pas les sachets d’eau, j’achetais les sachets plastiques imperméables pour les remplir d’eau glacée et les vendre”, souligne Rokhaya Ngom, entourée de ses glacières et qui ne s’interdit pas de courir au besoin derrière les automobilistes si ça peut lui faire écouler quelques sachets supplémentaires.

Forte de son expérience, elle livre les ficelles du métier, expliquant qu’elle s’approvisionne chez des grossistes qui lui vendent à 700 francs CFA le sac contenant 30 sachets d’eau qu’elle revend à 50 francs l’unité. “Si les choses marchent bien, je gagne en moyenne 7500 francs CFA par jour. Sinon, je peux gagner jusqu’à 5000 francs”, poursuit “Mère Rokhaya”, maman de 7 enfants et habitant Diamalaye, à Yoff, un quartier situé non loin du Pont Foire, un de ses “points stratégiques”. Le jeune garçon Yaya Diallo, opérant sur l’avenue Cheikh Anta Diop, à la devanture du Centre des œuvres universitaires de Dakar (COUD), offre un profil différent pour la même activité.

“Je viens aider ma mère. Je suis en vacances et je ne fais rien à la maison”, dit le jeune garçon, inscrit en 5e au collège, sans s’arrêter de courir derrière les voitures. Sa mère Rama, qui exerce cette activité depuis “des années” pour gagner décemment sa vie au Sénégal, acquiesce et bénit même l’implication de son fils à ses côtés.

“Mon fils vient m’aider en période de vacances, quand il ne va pas à l’école. En retour, je lui achète des habits et paye ses frais de scolarité” à l’ouverture des classes, explique cette habitante de la banlieue dakaroise. Daba, originaire de Bambèye Sérère, exerce cette activité surtout pour venir en aide à ses parents restés dans le village du même nom, au centre du Sénégal.

“Si j’ai choisi ce métier, c’est pour aider mes parents qui se trouvent au village et ne disposent pas de ressources suffisantes”, déclare cette jeune fille voilée âgée d’une vingtaine d’années, trouvée dans une rue de la Médina.
CGD/BK/ASG

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